Textes & presse

Ils ont regardé

Critiques, écrivains et journalistes, de 1976 à aujourd'hui : une peinture qui ne laisse personne indifférent.

C'est l'évidence : cette peinture-là est indifférente au tintamarre de l'actualité. Elle va paisiblement à contre-courant de la mode, des écoles, de notre quotidienneté hâtive. Et même à contre-courant du monde raisonnable.

Elle témoigne. En même temps, elle reste « un mystère en soi car elle dit mieux que nous ce que nous songions (et ce que nous ne songions pas) à dire » ! Ce que Gabriel Germain a écrit de la création artistique en général — mieux dire ce à quoi l'on songe et, même, ce à quoi on n'avait pas songé — s'applique en effet très bien à l'œuvre de Geneviève Van der Wielen : nouveauté, étrangeté, cohérence.

Cette peinture-là est donc une proposition à lire lentement. À méditer.

Car elle est un obstacle qui fait trébucher notre raison raisonnante, qui trouble nos limites. Voilà son vrai scandale.

Michel Hubin

Acide, sans exaltation furieuse, sans amertume sombre, dans la pétulance d'un mépris joyeux, avec une férocité solaire, s'épanouit l'éclatante fleur carnivore et vénéneuse, le sarcasme torrentiel qui n'épargne rien ni personne, en toiles acides où l'originalité de la composition, l'étrangeté penchée des perspectives, l'audace insolente du coloris, tout contribue en une maîtrise superbe à dérouter, désarçonner, enthousiasmer enfin pour le coup si bien porté.

À cœur ouvert
À cœur ouverthuile, 33 × 43 cm
La Mort de l'ours
La Mort de l'oursacrylique, 90 × 120 cm

L'univers soudain démasqué des idées reçues se désordonne savamment sous l'implacable lucidité d'un pinceau précis qui sait le juste chemin clair de la cruauté, efficace, inexorable comme le fil lumineux du scalpel.

Peinture douce-amère, clin d'œil contrastant, déconcertant sur papier glacé ironico-tragique comme un bonbon menthol qui attaque l'émail.

Bref, une vérité frappante… un tracé qui pénètre l'intimité des êtres, des lieux.

Et que dire de la face cachée, bal masqué, double vérité et ambiguïté des jumelles. L'innocence acérée, dévoilée, présumée d'une pré-post enfance contemporaine qui fomente le désir de l'ange, l'épopée du Saint-Sébastien, le temps moderne du Walkman.

Erica
Les Jumelles
Les Jumelles100 × 80 cm
Saint Sébastien
Saint Sébastien100 × 80 cm

Par-delà une forme influencée par les Balthus ou Lindner avec une touche de verve fellinienne, la démarche de Geneviève Van der Wielen s'avérera, pour le fond, plus qu'hyperréaliste en sa saisie crue de vérités pas toujours bonnes à dire, si haut surtout, aux « honnêtes gens » ; à coup sûr elle dérangera et suscitera digne désapprobation et vertueuse répugnance chez le médiocre béatement « encoconné » dans les langes rances de la bienséance et des certitudes blettes.

Une peinture miroir qui révélera impitoyablement plus sur le spectateur que sur la peinture !

L. Dispas

Dans cette peinture virulente, rien de féministe cependant, pas de cris ni de revendications absurdes, rien que des constats énoncés sur un mode semi-surréaliste et semi-symbolique.

Des œuvres travaillées avec force et qui se gaussent des hypocrisies humaines tout en amenant un sourire ironique chez le visiteur.

J. Jour

Avec une réelle maîtrise de l'exécution, ses histoires sont de vérité crue dites avec la crudité des couleurs, entre hyperréalisme et surréel.

Sarlet

Bien que sa préoccupation essentielle, permanente, reste une recherche certaine de la forme, de l'harmonie, l'état d'esprit de l'artiste, du moment présent, passe, se libère à travers la toile.

De par cette démarche « figurative » et « narrative », ce travail demeure classique. En fait, on retrouve ici la fonction libératrice, voire cathartique, de la toile.

Les personnages présentés au sein des différents tableaux sont littéralement mis en scène en vue d'un quelconque drame. Ils finissent par aboutir, indubitablement, comme mus intérieurement, à un expressionnisme tragique, théâtral, et avant tout émouvant.

Le dénouement est-il proche ?

Enfin, un tel foisonnement de couleurs vives, diverses, augmente encore le volume, l'intensité des compositions. Le plaisir « plastique » est total.

Vivienne Vuiton

Je ne pourrais jamais vous l'écrire, car l'image dépasse l'outrance des fantasmes.

Déshabillée au carrefour des promenades, la couleur cache à l'intérieur, à l'extérieur et met en disponible les traces du désir.

Si la présence des tableaux trouble, c'est qu'elle entre dans les traverses des portes et des fenêtres.

Jamais la gueule du voyeur n'a été aussi inondée de forces en formes. Tout devient limpide, au point de fourvoyer les dissidences.

Avez-vous vu de quoi il retourne ? Regardez avant de voir.

Jean-Pierre Van Tieghem

Mystérieusement démodée, ambiguë et réaliste fantastique, dessinatrice minutieuse, Geneviève Van der Wielen ne joue pas les subtilités de la palette. Au contraire elle hausse la couleur, l'enserre dans un dessin précis, affectionne les atmosphères de huis clos un peu théâtraux.

Que va-t-il se passer ? Ces rencontres se termineront-elles en éclats de rire, en joutes amoureuses ou en bain de sang ?

La tragédie frappe à la porte du comique. Une grande part de l'ambiguïté qui baigne ces tableaux procède de cet état précaire d'équilibre entre la cruauté et la dérision.

Elle vous explique qu'elle part sans idée préconçue, qu'elle ne sait pas où elle va, qu'elle suit le moment vécu et qu'elle est très inquiète : ce qui est bon signe.

J. Parisse

Tout semble mis en place pour une mise en scène complètement cadenassée par son auteur. Mais c'est là méconnaître le pouvoir subversif de l'humour par lequel l'artiste ouvre son œuvre à l'autre.

Autant dire que parfois c'est dur, toujours fort et fragile à la fois.

F. Hendrick

Geneviève Van der Wielen, une artiste liégeoise au talent assurément original, qui pratique de manière fort personnelle diverses techniques : huile, acrylique, pastel, dessin, ainsi que le monotype linéaire en noir et blanc qui, dit-elle, donne au dessin beaucoup de souplesse et de douceur.

On se trouve ainsi devant une constante de l'œuvre de Geneviève Van der Wielen, alors qu'à première vue sa peinture peut paraître très violente. Il est évident que des thèmes comme ceux de « la corrida » orientent d'abord le regard dans cette direction, mais très vite on se rend compte qu'il y a dans la plupart des compositions de cette artiste une recherche fondamentale et la tendresse sans fausse pudeur, mais avec un graphisme, des couleurs et un esprit sans concession.

J. Jour

Extraits de presse

Dans les journaux

Chacun des corps de femmes jaillit de ses mains, suggérant un monde de tensions contenues.

Anne Chevalier

Dans ses compositions séduisantes, Geneviève Van der Wielen allie l'élégance sensuelle du graphisme et l'audace du mouvement avec une sûreté du dessin dénuée de tout académisme mais d'une vitalité bondissante animée par une sensibilité qui n'est pas sans rappeler Pascin.

La Citéseptembre 1976 — L. Dispas

Rarement sans doute la femme aura été ainsi chantée par une femme avec tant de fougueuse sensualité certes, mais surtout avec tant de virtuosité et d'audacieuse liberté.

Scop Liègeoctobre 1976

Dominent chez Geneviève Van der Wielen le mouvement, la puissance et une tendresse expressive empreinte de sexualité saine.

La Wallonieoctobre 1976 — J. Parisse

Son trait sûr et vigoureux respire la santé, la jeunesse et une audace qui, par bonheur, ne tombe jamais dans la vulgarité.

Scop Liègefévrier 1977

On a un peu l'impression qu'à chaque tableau le peintre pose une question ou soulève un problème… Son œuvre n'est cependant ni pornographique ni vulgaire. Elle présente un réel attrait, tant par sa technique que par son originalité.

Liège Province d'Europeavril 1977

En une série fort homogène de monotypes en noir et blanc, elle a saisi d'étranges et silencieux conciliabules où arrêter formule d'énigmatiques propos, tantôt véhéments, tantôt furtifs.

L'Œil à toutmars 1978

L'incarnation par la femme de nombreux symboles est omniprésente. La nudité des corps accentue davantage le message. Toutes les œuvres transgressent dans l'harmonie du trait.

La Libre Belgiqueoctobre 1980 — M.B.

Une peinture miroir qui révélera impitoyablement plus sur le spectateur que sur le peintre.

La Meusemai 1984

Voilà des œuvres riches et denses, totalement baroques, entre le réalisme pur, le fantastique et la vraie fausse naïveté… Le dessin restant à la base de tous ces tableaux lui permet de distordre ses personnages et de les placer dans d'invraisemblables situations.

La Libre Belgiquejuin 1984

À propos d'idées reçues : que voilà une « mâle » exposition !

Top Night & Day n° 7juin 1984

Traité avec humour et souvent par dérision — ce qui n'est pas dérisoire —, il s'agit bien, avec un féminisme de bon aloi et une nervosité d'écriture que bien des hommes pourraient lui envier, de la tragédie du sexe et du corps.

La Walloniejuin 1984

Coloriste audacieuse, dessinatrice superbe avec une convaincante série d'acryliques intelligemment structurées et guidées par une inspiration féroce et solaire, dans un humour sans amertume ni rage, mais d'une percutante efficacité.

Nouvelles Errances d'un Badaud n° 6août 1984

Elle est à la fois elle-même — mystérieusement démodée, ambiguë et réaliste fantastique — et beaucoup d'autres par allusion : la monumentalité expressive de Botero, la sensualité diffuse de Balthus, les tonitruantes couleurs de l'art africain, sans oublier une pointe de Clovis Trouille.

La Dernière Heurejanvier 1988 — J.P.

Une peinture dense qui provoque les êtres d'un pinceau sarcastique, goguenard et volontiers symbolique.

Gazette de Liège — La Libre Belgiquejanvier 1988 — J. Jour

À voir de toute urgence ces peintures où l'artiste révèle ses regards pudiques et pourtant provocateurs, tendres et pleins de cruauté… regards anecdotiques sur des situations de vies familières et de vies intimes. Le tout sur le ton d'un humour grinçant qui éclate en couleur de fête.

Spectacleavril 1989

Elle interprète une vision de la femme dénuée de tout romantisme, engagée plutôt dans un univers sans concession — ce qui n'interdit pas de rêver — où le dialogue des couleurs devient contraste entre le sujet et le milieu dans lequel on le fait évoluer.

Inédit1998 — A.M.

D'abord, et parce qu'elle leur donne la priorité, il y a le choc des couleurs… Même le rose de ses roses n'est pas tendre. Au choc des couleurs vient se greffer le poids de l'émotion.

La Meusefévrier 1998 — F.H.

Elle se moque de certains clichés artistiques et aborde la sensualité féminine avec humour et irrévérence.

Le Soirnovembre 2000 — A.D.

Mars 2006

La monographie « Empreintes »

À la sortie du livre que lui consacrent Michel Hubin et Nicole Jacquemin aux Éditions Luc Pire, la presse liégeoise salue « un talent reconnu ». Cliquez pour lire les articles.

Article de presse : Le Jour, 3 mars 2006
Le Jour3 mars 2006
Article de presse : La Dernière Heure, 6 mars 2006
La Dernière Heure6 mars 2006
Article de presse : Gazette de Liège — La Libre Belgique, 8 mars 2006
Gazette de Liège — La Libre Belgique8 mars 2006
Article de presse : Le Soir, 9 mars 2006
Le Soir9 mars 2006
Article de presse : Temps Libre, 2006
Temps Libre2006
Article de presse : Dossier de presse de la monographie, 2006
Dossier de presse de la monographie2006